En France, près de 800 000 bébés naissent chaque année. En 2008, on recense 18837 sages-femmes, soit environ une sage-femme pour 42 naissances. En comparaison, il y a 24 808 sages-femmes pour 690 000 naissances au Royaume-Uni, soit environ une sage-femme pour 28 naissances (en 2007).
La majorité des sages-femmes françaises travaillent dans les maternités des hôpitaux et des cliniques. D’autres travaillent dans les services de procréation médicalement assistée ou de gynécologie, ou en PMI (Protection maternelle et infantile). Près de 3000 sages-femmes ont choisi l’exercice libéral, en cabinet individuel ou de groupe, soit 15,8% des sages-femmes en 2008. Les sages-femmes sont de plus en plus nombreuses à faire ce choix-là (elles étaient à peine 2000 en l’an 2000, soit 13,5% des sages-femmes).
(Sources : INED Institut National d’Etudes Démographiques, ONDPS Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé, Office for National Statistics).
Comme tout autre mode d’exercice, l’activité libérale des sages-femmes est soumise aux règles déontologiques de la profession (devoirs généraux, devoirs vis-à-vis des patientes et nouveaux-nés, devoirs de confraternité et devoirs vis-à-vis des autres professionnels de santé) et au Code de la Santé Publique. Dans le cadre de l’exercice libéral, les sages-femmes peuvent choisir d’avoir une activité très variée ou, au contraire, centrée sur des domaines spécifiques. Ce choix dépend d’une sensibilité personnelle mais aussi de la demande.
Majoritairement, les sages-femmes libérales ont développé une activité de préparation à la naissance et de rééducation périnéale. Dans l’un ou l’autre de ces domaines, l’approche est spécifique à chacune, en fonction de sa propre sensibilité et des outils qu’elle choisit . En matière de préparation à la naissance, des supports divers peuvent être proposés : yoga, haptonomie, sophrologie, séances en piscine, préparation plus « classique »… À chaque femme de trouver l’approche et la sage-femme qui lui convient. En rééducation périnéale, les approches sont différentes d’une sage-femme à l’autre, avec ou sans appareil de stimulation électrique et/ou biofeedback et propositions variées.
Une autre demande importante à laquelle répondent les sages-femmes libérales est la surveillance de grossesses pathologiques à domicile sur prescription médicale. Cette alternative à l’hospitalisation apporte aux femmes qui peuvent en bénéficier la possibilité de poursuivre leur grossesse dans un cadre familier, tout en étant rassurées par le passage régulier de la sage-femme.
Le suivi des suites de couches à domicile connaît un fort développement depuis quelques années. Dans ce contexte de retour précoce, avec leur regard vigilant sur les jeunes mères et leurs bébés, les sages-femmes libérales apportent conseils et soutien aux familles, du jour de la sortie jusqu’au septième jour après l’accouchement. La sage-femme reste ensuite un interlocuteur privilégié pour tout ce qui concerne l’allaitement, le développement staturo-pondéral du bébé, les interrogations sur son rythme, ses pleurs, les soins à lui apporter.
Quelques sages-femmes libérales (entre 50 et 80 en France) assurent le suivi médical des grossesses normales et l’accompagnement lors de l’accouchement, avec prescription des examens obligatoires et traitements éventuels, du tout début de la grossesse, déclaration comprise, à la visite postnatale. Leur seule limite est la pathologie pour laquelle il leur faut référer au médecin (généraliste, gynéco-obstétricien ou spécialiste suivant les cas) et une prescription très limitée en matière d’arrêt de travail (deux semaines seulement sur l’ensemble de la grossesse).
En dehors du suivi de la grossesse et de ses suites, les sages-femmes libérales peuvent répondre aux questions des femmes sur ce qui touche au corps féminin : contraception, sexualité, actions de prévention pour une future grossesse...
Certaines sages-femmes, spécialisées en échographies obstétricales, assurent les échographies de leur patiente ou bien choisissent de ne développer que cette spécificité. D’autres se spécialisent dans d’autres domaines : tabacologie, acupuncture, allaitement, ostéopathie
La sage-femme s’inscrit dans les réseaux de soins périnataux. Elle est ainsi en lien avec d’autres professionnels de santé et peut, selon les besoins, être amenée à organiser la prise en charge de ses patientes par des acteurs de proximité.
Par ailleurs, il existe des associations professionnelles ou des réseaux liés à la parentalité qui permettent aux sages-femmes libérales de se retrouver entre elles et d’échanger. Ces échanges sont importants pour ne pas se sentir isolée et pour échanger sur la spécificité des pratiques des sages-femmes libérales.
En outre, les syndicats professionnels représentent les sages-femmes et discutent en leur nom auprès des ministères, de l’Union Nationale des Caisses d’Assurance Maladie et des organismes de formation continue. Pour avoir du poids dans les discussions où ils défendent l’ensemble de la profession, ces syndicats professionnels (ONSSF et UNSSF) doivent être réellement représentatifs. L’adhésion à un syndicat est donc importante pour que soit entendue la voix des sages-femmes.